L'identification du premier cas documenté de monoécie et de labilité sexuelle chez l'hybride CIRAD187 de l'igname ailée (Dioscorea alata) remet en question le dogme d'une dioécie stricte chez cette espèce majeure pour la sécurité alimentaire.
Ce qu'il faut retenir de cette étude :
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Déconnexion entre génotype et phénotype sexuel : Le génotypage par le marqueur sad6 confirme que l'hybride monoïque CIRAD187 possède un génotype mâle (XY), démontrant que la présence du chromosome Y seul ne suffit pas à imposer un phénotype exclusivement mâle.
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Reprogrammation transcriptomique et hormonale : La caractérisation des fleurs mâles, femelles et intermédiaires révèle des modules d'expression génique distincts ainsi qu'un gradient strict d'acide jasmonique (mâle > intermédiaire > femelle) directement corrélé à la différenciation sexuelle.
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Fertilité et compatibilité : Les tests de pollinisation contrôlée et d'autofécondation ont confirmé la fertilité fonctionnelle des fleurs mâles et femelles produites sur une même inflorescence, donnant naissance à des graines et des plantules viables.
Pourquoi cette découverte est essentielle : En démontrant la plasticité de l'expression sexuelle et le rôle central de l'acide jasmonique et des voies régulatrices sous-jacentes, cette étude offre un cadre moléculaire inédit pour contourner les contraintes de la dioécie. La maîtrise de cette labilité sexuelle ouvre la voie à la facilitation des croisements contrôlés et au développement d'autofécondations, accélérant ainsi la création de variétés d'igname plus performantes et résilientes.
Dossa, K., Malédon, E., Gravillon, M.-C., Perrot, C., Nazir, M. F., Nudol, E., Laurent, L., & Chaïr, H. (2026). Monoecy in an XY yam reveals labile sex expression and hormonal reprogramming in Dioscorea alata. Annals of Botany, mcag303. https://doi.org/10.1093/aob/mcag303
Cette figure synthétise le modèle de plasticité sexuelle chez l'hybride monoïque CIRAD187 (Dioscorea alata) en articulant les trois niveaux de régulation moléculaire qui contrôlent l'expression des fleurs malgré son génotype mâle XY. En haut, l'illustration montre la présence simultanée de fleurs mâles, femelles et intermédiaires sur une même inflorescence. Au centre, le schéma détaille le paysage transcriptomique avec ses modules d'identité florale spécifiques (activités de protéolyse et de défense pour les femelles, régulation transcriptionnelle pour les mâles, et traitement des protéines dans le réticulum endoplasmique pour les intermédiaires), le gradient hormonal décroissant d'acide jasmonique (mâle > intermédiaire > femelle), ainsi que la dynamique d'expression de 40 gènes clés situés dans la région SDR du chromosome 6A. L'ensemble converge pour démontrer que chez l'igname ailée, la détermination finale du sexe est le résultat d'une reprogrammation hormonale et développementale intégrée plutôt qu'un simple contrôle chromosomique strict.